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Sur le thème du château

cfmodbase.jpg est un élément de base, une molécule graphique, le signe le plus réduit d’un vocabulaire développable, un module. Polymorphe et extensible, ouvert à la variation, propice à l’accumulation, à l’assemblage et au remplissage, cfmodbase.jpg constitue la particule élémentaire de multiples proliférations. Malgré son apparence logotype, cfmodbase.jpg est aussi cfmodbase3.jpg, ou cfmodbase2.jpg, etc. À ce cfmodbase.jpg de base s’ajoutent des escaliers ( cfesc1.jpg,cfesc2.jpg, etc.), et parfois des fenêtres ( fen1.jpg, fen2.jpg, fen3.jpg, fen4.jpg, fen5.jpg, fen6.jpg, fen7.jpg, fen8.jpg, etc.), ainsi que de la couleurs ou des textures.

Le contour de sa forme, en ce qu’cfmodbase.jpg s’apparente à la pièce d’un puzzle ou à une prise mâle, semble le vouer à l’assemblage. De plus, sa silhouette figurant une sorte de tour, de bâtiment, ou un élément de château enfantin, accessible à chacun, sa forme le rend susceptible de constructions et d’agglomérations.

Son extrême réduction de départ fait penser aux multiples possibilités du grain de sable d’un mandala. Il figure des vocables de diverses sémantiques à partir desquelles construire et jouer. Les zones ainsi circonscrites, forcément subjectives (ce qui, dans l’absolu, le rend à la portée de tous) délimitent autant d’aire de jeu ouvertes et à poursuivre.

cfmodbase.jpg est un jeu. Ses variations sont autant de règles qui permettent de jouer. Ses différentes formes autant de restrictions que je m’imposent et à partir desquelles s’articule la pratique.

S’y adonner est un luxe, un moment de disponibilité, un champ libre, aussi bien une autorisation qu’un défi, jamais une nécessité. cfmodbase.jpg est un espace d’occupation. Il existe principalement en délimitant, remplissant ou recouvrant.

Les formes ainsi produites d’cfmodbase.jpg sont des énumérations de possibilités. Observées côte à côte, elles constituent une sorte d’encyclopédie ou d’archivage qui semblent faire le tour de certaines périodes ou de différents espaces, et en abandonner d’autres, à peine amorcées, ou à découvrir encore. Elles ne font qu’inventorier des zones explorées jusqu’ici.

Chaque nouvelle « partie » se présente ainsi qu’un défi qui excite le joueur, une performance à relever. Outre l’ingéniosité ou l’adaptation, enjeux surtout techniques qui se nourrissent de curiosité (comment vais-je y arriver ? À quoi cela va-t-il ressembler ?), il s’agit surtout d’effort et de patience, toute physique (est-ce que je vais y arriver ? Et sinon, jusqu’où irai-je ?). Comme pour le mandala, la pratique d’cfmodbase.jpg est un exercice, et compte dans le faire plutôt que dans le fait. Tout aboutissement s’en ressent comme une nouvelle étape.

 

 

 

 

 

 

 

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Hawayann Kastelmann

Pas de compromission.

 Il joue des personnages, sans calculs.

 Peur de trahir une jeunesse, besoin de rêver à partir de nouvelles sagesses.

 Il apprend chaque jour. Ne cherche rien d’autre qu’apprendre.

 Les personnages, ce sont ses modèles. Il joue ce à quoi il s’identifie. Se donner l’image qui lui plait d’abord à lui-même.

 L’autre est là qui existe par lui, et sans lequel lui-même ne serait pas lui-même.

 Il voudrait se décider à adopter une attitude, être de telle ou telle manière, oscillant entre le moine bouddhiste et l’artiste passionné romantico-tragique. Il ne fait que passer de rôle en rôle, la plupart du temps sans contrôler ses répliques.

En fin de compte, il voudrait mais se maîtrise fort peu consciemment.

 Il se méfie de politique, car ces étiquettes ne sont pas celles qui l’intéressent. On est si vite cloisonné.

 Il tente d’être ce qui le fascine. Son guide ? Le charme. L’élan ? L’enthousiasme et ses joyeuses impulsions.

 Puisqu’il a fait de la molle attitude son ennemie, il préfère les voies difficiles. Dur, il projette des entreprises avec l’esprit offensif décrit par Bachelard dans sa poétique des matières dures.

 Il se rompt et s’évertue. Il dépense sans compter l’énergie de sa santé pleine.

 Il fume et pense et se masturbe dans un gaspillage et un plaisir solitaire similaire.

 Il s’éparpille. Mû par une volonté encyclopédique, il souhaiterait tout faire. Ou plutôt pour un problème, il cherche (et donc produit) autant de solution qui lui paraissent possibles. Et ce faisant, il n’en perçoit que mieux d’autres qui lui échappent, ou ne seront jamais réalisées (ables).

Source mélancolique la limite humaine ressentie dans un espace immense. Si profond, si étendu, le vide…

Ses actions sont multiples. Peu de projets voient finalement le jour, peu d’action menées à leur terme. Mais il en perçoit beaucoup. Bon nombre, qui l’interpellent, mais qu’il ne parvient à formuler.

 Il se plait à croiser de travers les horaires du salarié commun, cédant à la fatigue aux premières lueurs de l’aube. Luxe.

 Luxe de pousser son corps jusqu’à sa dernière extrémité.

 Contrainte aussi. De trouver le sommeil uniquement à bout de force.

Comment s’endormir l’esprit en veille ?

 L’agitation occupe l’esprit lorsqu’elle occupe les sens.

 Il module et continue. Ne s’arrête à rien qui ne soit déjà entamé.

 Il ne pense qu’à partir de ce qui existe… Pour lui. Pense à partir de perceptibles.

Pour lui, on ne s’arrête qu’après avoir déjà marché. Peut-on, du reste, s’arrêter avant de partir ?

 Sécurité et propreté ne sont pas ses mots d’ordre.

 

 

 

 

 

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Hawayann Kastelmann, suite

 En bas, rumeur des amis en fêtes. Esprit joyeux de l’état de grève. CPE au placard. Lui persiste, enfermé dans sa piaule comme dans une caverne, à poursuivre son travail avec un laconisme feint.

Il entend les voies et le bruit épars des conversations beuglées avec une bonhomie gaillarde.

 Point de refus à la participation non plus. Car il ne se sent pas l’âme étrangère à ce raffut. Au contraire, cette atmosphère éveille une sève qui l’agite.

Les sentiments de révolte et de plaisir à être ensemble, à se sentir fort, lui-même les ressentait en poursuivant sa tâche, inlassablement.

 Bien qu’il semblait étranger à tous les évènements qui l’entouraient, (il se rappelait avec familiarité des peintres flamands du XVIIème siècle), la poursuite de son œuvre passait pour son propre activisme.

 Il n’ira pas, ne suivra pas la troupe vers l’université occupée depuis trois soirs. A regret.

 S’il pouvait tout faire… Céder à toutes les inspirations, expérimenter chaque voie, au moins toutes celles qu’il se proposait à lui-même.

 Si nombreuses étaient-elles, ces galeries inexplorées ne monopolisaient pas son attention. L’habitude, ou peut-être une sorte de compréhension lui ont avait fait adopter un comportement d’intense exclusivité pour un travail, mais suivant des durées d’attention instables.

 Il enchaînait de brusques, et plus ou moins longues séances de travail, avec des journées passées, apparemment, sans se soucier des travaux en cours.

 Lunatique et périodique étaient son caractère et son fonctionnement.

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Hawayann Kastelmann, enfin

 Il s’attaque à un travail en pensant par secteur, à la manière des fresquistes. C’est une obligation qu’on comprend si on pense au film La mort suspendue que possédait son frère et qu’il a vu. Il s’agit de deux alpinistes dont l’un se retrouve seule avec une jambe cassée dans la descente. Il ne parvient qu’à rentrer, miraculeusement, en se fixant de petites étapes, à la hauteur de son état. Car s’il se représentait à l’avance tout l’effort à produire, toute la distance à parcourir, il n’aurait pas l’énergie de se mettre en marche. On ne sait, d’ailleurs, s’il pense à un moment qu’il pourra sauver sa peau. Il y arrive presque par surprise, sans s’y attendre. Mais il y arrive.

De la même façon, notre hurluberlu s’accroupit devant ses nappes avec des secteurs à remplir. Il entame une fraise qui recouvre quatre centimètre carré, commence l’aile de cet oiseau, rempli petit à petit. A la fin, après plusieurs dizaine d’heures, il arrive dans le coin en haut à droite et on ne saurait pas dire s’il ressent la satisfaction d’avoir terminé son ouvrage ou déjà une sorte de regret de n’avoir plus rien à faire, comme s’il se trouvait soudainement démuni.

 Lui a la vaisselle, l’autre le ménage. Le partage s’est naturellement fait de lui-même. C’est en le remarquant plus tard qu’ils officialisèrent ce qui malgré eux s’était imposé.

 Comme beaucoup, son envie est une peur. Et l’angoisse l’active. Il redoute une vie de courant d’air. Passer inaperçu : voilà le pire à ses yeux. Le gâchis d’une vie manquée sans trace de son passage.

Toute son activité se lit à travers le filtre de l’existence. Être ce que tu fais, telle pourrait être sa devise. C’est comme si chaque travail, chaque moment passer à fabriquer n’était qu’une parcelle du présent sous la pression d’une conscience de la disposition.

Faut-il alors parler de peur lorsqu’il s’agit surtout d’admettre sa condition et d’adopter l’attitude appropriée ? Que le jour où il parte, son existence ne disparaisse avec lui.

Rien de morbide là dedans. D’ailleurs, rien dans son comportement ne laisse à penser qu’il vivait habité sans cesse par l’angoisse de la mort comme un condamné allongé sous le couperet et soumis au timing de son bourreau.

C’est l’essence de la vie que la fugacité. En se définissant comme individu de passage, il ne fait que constater avec lucidité sa nature d’être vivant.

Pourtant, il en découle une évidente pression qui marque son existence. Sans parler d’hyperactif, ou de tension inquiétante, il se laisse souvent gagner par une urgence de l’action qu’une nature impulsive ne peut qu’exacerber. En outre, le temps est pour lui le plus précieux des matériaux.

A ses yeux, luxe des luxes, il redoute par-dessus tout de le gâcher, comme on manquerait une révérence devant un monarque.

C’est que chaque minute passée, chaque seconde écoulée s’enfuie pour toujours et ne se retrouve jamais. Perdre son temps, voilà le plus grave.

Et s’il (le temps) est pour Héraclite des enfants qui joue au tric trac, ici c’est un individu qui modèle, recouvre ou inscrit.

Le temps file lorsque l’on gagne ou que la partie s’emballe, mais il s’allonge dès les premiers signes d’ennui.

Dans tous les cas, il s’agit d’existence.

Excité ou non, il existe dès qu’il se prend à ses propres jeux. On le voit alors s’emballer avec passion devant de nouveaux projets toujours plus grandioses, tel Michel-Ange devant le marbre de David.

Il y a bien, parfois, un peu de calcul, mais la précision n’est pas pour lui. Ce fut sa première leçon. La subtilité peut-être, la profondeur sans doute, car ses travaux ne manquent pas de densité, mais de précision non, et de patience encore moins.

Il faudra reparler de la patience. Car après tout, ne passe-t-il pas des heures agenouillé ou en tailleurs, comme un priant, devant ses nappes en papier qu’il recouvre de châteaux colorés, à dessiner sans véritablement se soucier du confort nécessaire à cette réalisation ? On pourrait parfois presque croire qu’une certaine dose de souffrance est préméditée, ou lui est nécessaire pour travailler.

Souffrir c’est sentir dit-il, mais peut-être s’agit-il aussi, par l’effort (et la durée) de laisser une part de soi (de son corps ? De son énergie ?) Il faut qu’il lui en coûte.

Cette douleur est peut-être le don nécessaire de soi-même pour se convaincre d’une certaine valeur de ce qu’on fait. L’art paraît si simple et si gratuit, un luxe, que se le permettre sous-entend un don en contrepartie. Un don de soi par la souffrance, ou le mot énorme de « travail ».

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Sur le thème du château

Vous concèderez avec moi que le château est un motif quelque peu cavalier. Et pourtant, bon nombre de subtilité linguistiques et d’expressions y font appel.

 

Château fort

Les murailles et la puissance. La force de la construction et le prestige du donjon (suivez mon regard).

Et puis il y a aussi tout ces châteaux qui font référence aux caves qu’ils abritent. La réputation du château est liée à celle de ses vins, et laisse à l’imaginaire châtelain le monde de l’ivresse comme nectar supplémentaire à ses délectations sur le motif.

Cependant, une question est permise : y’a t-il des châteaux faibles ?

La peur aussi. Les murs derrière lesquels on se cache. Il faut sortir des murs, coller des châteaux dans la ville.

 

Château de sable

Ou le rêve d’un gamin de lutter contre la mer : le déferlement de la société sur ma liberté, le gosse qui dit : « Moi je suis là » face à l’immensité.

On retrouve d’ailleurs le motif du château assez souvent dans les dessins d’enfant, bien après la maison bien sûr, mais quand même.

Et que dire des châteaux dans le conte de fée, prison de la princesse ou demeure d’un roi bon et vénérable.

 

Château de cartes

Ou la précarité d’un système. On pourrait empiler sans cesse (d’ailleurs ne le fais-je pas ?), mais au bout d’un moment le château devient chaotique. Les cartes s’effondre : c’est le trame ! (hi hi)

 

Faire des châteaux en Espagne

Ou s’illusionner. Vivre dans les nuages, de doux rêves, bref, tout ce qui me plait. Du reste, en Espagne ou ailleurs, on pourrait faire des châteaux partout et de tous types. Tout est permis.

 

Le motif du château.

Permettait, par la simplicité d’éléments de bases comme le créneau, les escaliers ou les fenêtres de poursuivre à l’infini un motif toujours renouvelable. Le château comme je l’utilise peut être relié à l’utilisation de la brique en construction. Car le château est aussi la construction d’une forteresse. Il y a du bâtisseur dans le château, du constructivisme. Mes châteaux sont Merz.

 

Mots de château.

Créneau :

  1. c’est mon créneau, ma voie.
  2. créneau en voiture, manœuvre motorisée.

 

À suivre…

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